| credit : bodymob blog.org via tumblr |
L’œuvre au noir.
Alors voici une énigme, en tout cas
pour moi : comment une technique utilisée pour camoufler à
l'arrache les bousilles des anciens punks/skins est-elle devenue
l'une de ces modes -absurdes- qui régulièrement traversent le petit
monde du tattoo ?
Je veux bien respecter les gouts et les
couleurs de chacun, mais pour moi qui suis en général allergique
aux grosses tâches noires (genre tribal années 80/90), j'ai
vraiment beaucoup de mal avec cette manie fashion qui consiste en ce
moment à se faire encrer des aplats de noir, parfois sur un membre
entier, et souvent pour ne rien recouvrir, ce qui était la fonction
originelle de cette -non-technique.
Parlons-en d'ailleurs du trip flemmard
: "on ne se prend pas la tête, on passe tout au black".
Le niveau technique général des
professionnels du tattoo a tellement décollé ces 10 dernières
années, qu'il existe une infinité de possibilités pour se débarrasser d'une encre indésirable.
Pendant ce temps le Solid black a pris
le relais du tribal dans le rôle de solution de facilité. Mais là
où le gros tribal noir a connu un plongeon abyssal dans les enfers
de la ringardise, le Solid black bénéficie, en tout cas pour
l'instant, d'une image hype : quelque chose m'échappe.
| Daniel Darc - crédit : Thesupermat via humanite.fr |
Il existe des tatouages ethniques
impliquant de grands aplats de noir, c'est même parmi l'une des
formes d'expression dermographique premières, justifiée par une
esthétique et une sémantique propre à son contexte.
Chez les vieux punks/skins, cela se
comprend par une forme de nihilisme, sur le fait aussi qu'à 50
balais parfois, genre Daniel Darc (RIP), on préfère se balader
avec une tâche noire plutôt qu'avec un "A" cerclé, un
parabellum ou une svastika.
Noir c'est noir.
Mais en dehors de ces contextes, quelle
intérêt peut-il y avoir à écraser sous une indélébile chape
d'encre noire d'innocents centimètres carrés de peau vierge ? Parce
qu'il faut quand même le dire : c'est souvent le niveau zéro du tattoo :
zéro créativité, zéro technique et probablement zéro
signification : dans ce cas là ne vaudrait-il mieux pas faire zéro
tatouage ?
Parce que les fashionistas du tattoo,
qui se sont fait tatouer les trucs et bidules hypes du moment (genre
le signe infini avec un prénom/mot dedans), quand ils vont passer
nous voir pour un recouvrement dans quelques années (mois?), on va
pouvoir les gérer sans trop de problème.
| credit : bodybuildingdungeon.com |
Par contre le gars qui va se pointer
avec un bras solid black, on ne va pas beaucoup rigoler et lui encore
moins !
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