La rude vie de tatoué(e)
Dans la jungle des préjugés
concernant le petit peuple de l'encre et du cathéter, il en est un,
tenace, qui nous impose une forme de double peine. Celui qui dans les
circonstances pénibles de notre parcours santé, nous place face à
un membre du corps médical qui va immanquablement nous asséner le
fameux :
« Allons, vous
êtes tatoués, ça ne devrait pas vous faire bien mal ! »
(ça marche aussi avec
« piercé »)
Il fût peut-être un temps
lointain où le public cible des prestations dermographiques était
constitué d'êtres monstrueusement impavides, dénués de
terminaisons nerveuses ainsi que de la partie du cortex destiné à
l'impression et à l'expression de la douleur, mais bon :
Ailleuh !
On est pas des bourrins, nos clients
non plus.
Je l'ai souvent dit à mes
honorables clients, ce qui les a beaucoup fait rire, je déteste
me faire tatouer : j'ai une peau ultra sensible, probable
héritage des mes ancêtres grands-bretons, qui fait que je ne bronze
pas, je brûle. Je vous laisse imaginer les effets du doux
chatouillement d'une ronde de 15 sur mon derme...
Mais j'adore avoir des tatouages,
donc j'accepte la sensation qui va avec. La plupart des tatoueurs
modernes essayent de gérer le ressenti de leur client, parce qu'on
est là pour faire de jolis dessins pas pour extorquer des numéros
de cartes bleues. Tout cela pour dire que ce qui se passe lors du
tatouage est voulu et consenti.
Par contre lorsqu'on arrive aux
urgences avec la cheville à angle droit (vécu) et qu'on se permet
de négliger notre douleur au motif qu'on arbore quelque encre ou
piercing, on est plus du tout dans la douleur consentie, mais dans la
quête urgente d'analgésique.
Good as you...
Alors, non, le fait d'être tatoué
n'implique pas un quelconque mépris de la douleur, pour cela, et à
plus d'un titre, ceux qui choisissent de personnaliser leur anatomie
sont des gens comme les autres. Cqfd.
1 commentaire:
enfin un post !!! en espérant que le prochain ne tarde pas trop...
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