13 septembre 2006

Faux-cuisme diplomatique

Et une Tête de mort en plus !

Dès qu'on est professionnel de quelque chose, il y a toujours quelqu'un pour vous demander votre avis sans vouloir une réponse franche... Je m'explique. Alors que j'étais aux beaux arts, dès que je débarquais quelque part, il y avait systématiquement une toile ou un dessin qui sortait de je ne sais où pour se retrouver collée sous mon nez avec la question de rigueur : "Qu'est-ce que tu en penses ?".

C'est là que commencent les ennuis. Dans 95% des cas ce n'est pas une vraie question, cela signifie : "vas-y l'expert, dis moi que c'est beau! ". Et la réponse obligatoire : "euh... waw, tu as fait ça tout seul, c'est splendide !"... Sauf que dans 94% des cas , on a envie de crier "Qui s'est essuyé sur une toile neuve, c'est du gachis" ou bien "tu devais en tenir une belle, ce soir là" ; mais ce n'est pas vraiment la réponse escomptée. Là on risque de se faire des ex-amis.

Ma réponse standard est devenue : "c'est original, mais faut travailler un peu plus le style..."
Faux-cuisme diplomatique ! Je suis pour la paix des ménages, et vous n'imaginez pas le type d'horreur que l'on a pu brandir sous mon pauvre tarin !


Seulement maintenant c'est pire : je suis tatoueur.

Et pas plus tard que dernièrement, comme à peu près tout le temps depuis que je suis dermographiste, un gars pour qui j'ai une certaine sympathie a dégainé sous mon nez un tattoo, devant lequel j'ai eu un imperceptible mouvement de recul.

Bon, quand quelqu'un que je ne connais pas vient à la boutique et me demande mon avis, je suis d'une redoutable franchise, dans un sens comme dans l'autre : j'ai vu passer de très belles pièces (du Chaudesaigues, du Tintin, des boulots de mes collègues de Dermagraphic Narbonne ou Béziers, quelques pièces d'autres perpignanais) auquel cas j'applaudirais presque direct dans la boutique. Et quand c'est à chier, j'essaie d'amener avec tact l'idée qu'il faudrait peut-être envisager une retouche, un recouvrement ou un coup de ponceuse à bois (nan je rigole !).

Mais là, je le connais le gars, et il est très gentil, et il me sort l'archétype du tattoo raté : remplissage à trous, pas uniforme, tracé lamentable, ombrage minable (je lui ai demandé s'il s'agissait effectivement d'une ombre... ou d'un noir mal cicatrisé), sans parler d'un motif objectivement sans l'ombre d'un intérêt graphique, voire carrément laid.
J'évite de critiquer les "collègues" en règle générale, et j'ai bien pris soin de lui suggérer d'aller faire des retouches sur son bidule avec diplomatie... La concurence est une saine chose, et je conçois que mes potes aillent se faire piquer où bon leur semble, même si je préfère chez moi !

Et je voyais briller dans son oeil amical, l'attente d'un compliment qui ne vint jamais. Mais bon, lui proposer directement une séance de laser alors que sa tâche n'était pas encore cicatrisée, aurait probablement jeté un froid par cette belle soirée de fin d'été.

J'ai donc sorti mon nouveau faux-cuisme spécial tatouage :
"C'est original... il est fini ? ah bon... tu devrais peut-être retourner faire des retouches.... il faudra le voir terminé !"

Exemple rare ? Malheureusement non, une relation qui était venue me voir pour un tattoo, se l'est fait faire ailleurs, pour une histoire de prix... et a dû quand même me verser des sous pour que je reprenne l'erreur apparue sur sa peau. J'ai d'autres exemples, mais je crois m'être fait comprendre.

Soit dit en passant un tatouage c'est pour la vie et c'est définitif : ça ne se réfléchit ou ne se négocie pas comme une machine à laver : la qualité a un prix... ben oui je me répète, ça doit être l'âge.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

je suis d accord avec ce qui ai dis qui conque decide de ce faire tatouer devrai garder a l esprit que c est pour la vie cella vaut peu etre le coup de reconsiderer la question budget

Steve Golliot-Villers a dit…

les tatouages éphémères sont une autre légende urbaine : un tattoo est définitif ou alors c'est du henné.
Quant à savoir si on en sera content à 60 piges, au moins quand je regarderai mes encres parmis les autres vieux de la maison de retraite, je saurais que j'ai vécu comme je voulais vivre...
ni remords, ni regrets !

Anonyme a dit…

Yo Mec!
Je dois avouer que tu as une bien belle plume. C'est un plaisir de ricaner en lisant tes mots....mais puttttain, on repart toujours avec un doute quand t'écris des trucs comme ça..."Il parle de qui là, il parle de qui????...."

lolita a dit…

mdr je reconnai bien là steve avec un tacte et un humour des plus tordant tien sa te rappelera des souvenir
c koi un robot emo ??
c un hémorroïde mdrr
bisous a toi et a ta cherie