tiens, une tête de mort...Dans la série "des vertes et des pas mûres", en voilà une belle, tout juste pêchée aujourd'hui :
En fin de matinée, débarque à la boutique une joyeuse bande de demoiselles. L'une d'elle engage la conversation par "Est-ce que vous tatouez ici ?" en pointant le bas de son pli inguinal.
La question m'intrigue, je lui demande donc pourquoi je ne tatouerais pas cet endroit précis, plus habitué que je suis au "et ici, ça fait mal ?" ou au "et en cas de grossesse...".
Réponse : " je suis allé voir un autre tatoueur et il m'a dit que ça faisait vulgaire."
Alors là, que dire ?
Aider les gens dans leur quête, à l'aide de conseils esthétiques, graphiques ou physionomiques : je considère que cela fait partie du métier.
Sortir des critères plastiques et basculer sur un jugement d'ordre moral, là, il y a dépassement de bornes façon sortie de route.
"Vulgaire"
Qu'est-ce que cela veut dire ? Qui édite la définition du "vulgaire", et par opposition à quoi ? Pourquoi un tatouage à cet endroit serait plus "vulgaire" qu'à un autre emplacement ? Juger ainsi le choix d'une personne, décision qui en tatouage n'appartient qu'à elle, n'est-ce pas juger la personnne? Sachant que pour une grande partie des tenants de l'ordre moral, le simple fait d'être tatoué est en soi d'une unsoutenable vulgarité...
Mais qu'un tatoueur sorte ce genre d'ineptie, c'est quand même un peu gros. Alors un gros tribal sur l'épaule serait moins vulgaire qu'un ornement tiré de l'art nouveau situé à proximité de la région génitale ? J'aurais personellement tendance à préférer le second au premier, mais n'irais jamais dire que l'un est vulgaire et l'autre pas... En plus visiblement la demoiselle avait bien réfléchi son projet et n'était pas venu demander l'avis du vatican sur les tatouages intimes mais juste un dessin (refusé aussi d'ailleurs...) et un tarif.
On peut dire d'un tattoo qu'on l'aime ou pas (critère subjectif), qu'il est bien exécuté ou mal exécuté (critère objectif), mais peut-on juger d'un tatouage sur une base morale arbitraire? Surtout lorsque, en tant que professionnel, on doit respecter la volonté du client et le satisfaire en faisant parfois abstraction de ses propres gôuts.
Enfin bon, ça ne m'a pas coupé l'appétit, mais la seule conclusion à apporter à ce genre d'anecdote c'est que certains collègues doivent avoir tellement trop de travail et gagner tellement trop d'argent que ces gars peuvent se permettre de rembarrer des clients avec des jugements bidons.
tant mieux ça me fait des clients en plus !
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